LES TENDANCES SOCIAL MEDIA 2025
On le sait, le social media évolue à une vitesse fulgurante et à l'agence, au fur et à mesure des projets, on a décelé quelques tendances qui semblent faire émerger de nouveaux usages. On te décrypte tout ça, rien que pour toi !
1# La nuance est morte.
Dans un monde dans lequel tout va toujours plus vite et où l'attention des individus diminue constamment, on nous pousse sans cesse à donner un avis sur tout, tout le temps. Ces avis se radicalisent. Sur les réseaux sociaux, cela se traduit par des commentaires de plus en plus aigres et méchants, donnant lieu à des débats vains, simplement pour récolter quelques likes. La lutte pour capter des bribes d'attention passe par des "hooks" et des contenus ultracourts (cc @Leclerc Pont l’Abbé), car l’utilisateur devient de moins en moins patient. Au final, certains privilégient la forme au détriment du fond, mettant de côté la réflexion constructive. Les algorithmes, de leur côté, favorisent les contenus provocateurs, puisqu'ils génèrent plus d'engagement et retiennent les utilisateurs sur les plateformes.
Alors, comment une marque doit-elle se positionner dans ce contexte ? Sur les réseaux, il a toujours été crucial de se distinguer par l’emphase, et cette nécessité est encore plus grande aujourd’hui. Pour les marques, il ne s'agit pas seulement de défendre des valeurs, mais des valeurs plus simples, claires et surtout assumées. On attend d’elles plus d’audace, de créativité, ainsi qu'une posture éducative et pédagogique, en créant un dialogue ouvert et nuancé.
Enfin, jamais les utilisateurs n'ont été aussi actifs sur les réseaux, offrant ainsi aux marques une occasion de privilégier les relations. Concrètement, cela implique de redonner de la valeur à la modération.
2# Le retour en force de la modération
On observe désormais une consommation double des contenus : on les regarde d'abord, puis on explore leurs commentaires (parfois les deux simultanément), et il n’est pas rare que certains commentaires récoltent plus de likes que le contenu lui-même ! Concernant les formats, on constate un retour des contenus engageants et interactifs, notamment ceux qui jouent avec les écosystèmes ou incitent les utilisateurs à commenter.
En parlant d’interaction, l’incarnation des contenus poursuit son évolution. On assiste à une (re)personnalisation du rôle de community manager, souvent face-caméra, à l’image de Lidl, ou encore avec le retour des mascottes, comme celles de Duolingo.
Pour tirer parti de ces évolutions, les marques ont tout à gagner à voir la modération comme un véritable levier créatif, plutôt qu’un simple service après-vente. Les espaces de commentaires deviennent essentiels pour maintenir l’engagement autour du contenu. C’est aussi une façon de se rendre visible auprès de son audience sur des contenus qu’elle est susceptible de consommer. Par exemple, plusieurs marques ont réagi directement dans les commentaires.
#3 L'IA a atteint la maturité ?
Après une phase de joie et de découverte, on assiste désormais à une réflexion collective plus approfondie sur l’utilisation de l’IA dans la création de contenu. L’objectif est d’optimiser son usage tout en intégrant des considérations éthiques et de transparence. D’un côté, certains opposants s’élèvent contre une utilisation excessive de l’IA, craignant qu’elle nuise aux artistes et à l’environnement. De l’autre, ses partisans voient l’IA comme un moyen de rendre la création de contenu plus accessible. Ainsi, au sein des marques, l’intégration de l’IA tout au long du processus créatif devient de plus en plus courante : exploitation des données pour obtenir des insights sur les consommateurs, création de maquettes ou d'intentions créatives, et optimisation des campagnes publicitaires sur les réseaux sociaux.
Cependant, il est crucial, côté externe, de ne pas sombrer dans le « 100 % IA » et de conserver une dimension humaine dans les contenus. Il sera également essentiel de rester attentif aux évolutions législatives, notamment avec le DMA (Digital Markets Act), qui a déjà retardé l'arrivée de Threads ou d’Apple Intelligence en France.
#4 Redonnons à l'influence de la valeur créative
Le marché de l'influence traverse une phase de saturation et de remise en question. D'un côté, des créateurs choisissent de quitter leurs agences pour retrouver un meilleur contrôle sur leur contenu, de l'autre, les tarifs ne cessent d’augmenter. Parallèlement, les utilisateurs remettent en cause les créateurs et expriment une certaine lassitude vis-à-vis des contenus sponsorisés. Alors, comment les marques doivent-elles s’adapter pour les collaborations à venir ? Tout d’abord, en ciblant des micro-communautés spécifiques, fondées sur des centres d'intérêt comme le sport, le gaming, la gastronomie, etc. Cependant, attention : une micro-communauté ne signifie pas nécessairement un micro-créateur. L’essentiel est que ces créateurs entretiennent des interactions de qualité avec leurs communautés. Il est également crucial de repenser les intégrations publicitaires, en optant pour des approches plus subtiles ou complètement assumées. Les exigences doivent être axées non pas sur le contenu (où il faut faire confiance aux créateurs), mais sur les éléments périphériques : les tarifs, les KPI, le kit média, etc
#5 Les centres d'intérêt au cœur du média ?
Il semble que les algorithmes, soutenus par l'essor de l'IA, soient en train de remplacer les audiences basées sur des critères démographiques par des audiences centrées sur les centres d’intérêt. L’algorithme peut désormais déterminer la meilleure audience en fonction des performances des contenus, plutôt que de se fonder sur des critères prédéfinis. D’après Ugo Ceria, responsable du Creative Shop de META, 80 % de la performance publicitaire réside dans la création. Ainsi, le contenu devient le cœur de la stratégie, avec les algorithmes gérant le reste. Concrètement, cela marque la fin de la "big idea" au profit d'une multiplicité d'assets publicitaires, d’idées et de formats créatifs. Chaque communauté reçoit un message spécifique, aligné avec ses valeurs et ses usages. La personnalisation des assets devient alors cruciale pour maximiser l’engagement et atteindre des sous-groupes d’audiences variées.
Alors, à quoi faut-il se préparer pour 2025 ? Il est essentiel, sans aucun doute, de se préparer à naviguer dans ce jeu de nuances, en optant entre la prudence et l’audace. L’ère conversationnelle des réseaux sociaux intensifiera encore les attentes, avec des marques plus humaines, qui interagissent avec leurs communautés et mettent de côté leurs grands concepts publicitaires pour engager un véritable dialogue. Alors, prêts à relever le défi ?
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